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Album "Interclub G9+"

La Chine et les nouvelles technologies le 14 avril 2005

L’eldorado chinois

À l’exemple de Schneider Electric, les grandes entreprises occidentales s’implantent en Chine. Malgré les craintes sur le non-respect de la propriété intellectuelle.
 
Schneider Electric, spécialiste de la distribution électrique et des automatismes, réalise actuellement 13 % de son chiffre d’affaires en France. L’Hexagone est le deuxième pays d’activité pour le groupe, derrière les États-Unis. Mais il ne le restera pas longtemps. En 2007, les dirigeants de l’entreprise prévoient que le chiffre d’affaires français sera doublé par celui réalisé… en Chine ! Le développement de ce groupe, héritier des fonderies du Creusot (Saône-et-Loire), se joue donc dans le lointain Orient : en 2004, le chiffre d’affaires de Schneider dans l’Empire du milieu a connu une impressionnante envolée, + 28 %.
 
La Chine attire les investisseurs occidentaux. Un intérêt facile à comprendre : ce géant connaît une croissance annuelle frôlant les 10 %, et le nombre de ses habitants dépasse désormais les 1,3 milliard. Le marché à conquérir est énorme. Les possibilités de production sont tout aussi intéressantes. Et les nouvelles technologies s’y développent à vitesse grand V.
En s’implantant sur ce marché, personne ne peut se croire en terrain conquis. «Il est illusoire d’y aller sans avoir une différence marquée sur ses produits. Les choses ne se vendent pas toutes seules. C’est un pays très exigeant en terme de marketing», témoigne Jean-Pascal Tricoire, directeur général délégué de Schneider Electric.
Dans ce pays comme ailleurs, la concurrence est réelle. Et les acteurs locaux ne se réduisent plus à la fabrication de produits bas de gamme. Exemple dans le secteur des télécommunications. L’équipementier Huawei Technologies (cf. encadré) commence à inquiéter les Alcatel, Nortel et autres Cisco : «Notre compétitivité sur les prix n’est pas la seule raison de notre croissance. Nous nous concentrons sur les besoins des clients, et nous agissons aussi vite que nous le pouvons», assure Raymond Wong, directeur des ventes de Huawei Technologies France.
Autre leçon que Schneider Electric tire de son implantation réussie en Chine : il est impératif d’être patient. «Toutes nos activités ont mis au moins trois ans pour démarrer, et cinq à dix ans pour atteindre le break even (ndlr : l’équilibre financier)», prévient Jean-Pascal Tricoire.
Vouloir s’implanter en Chine, c’est bien. Encore faut-il y être autorisé. Les autorités chinoises éditent un «catalogue des investissements étrangers», qui liste les secteurs interdits, restreints ou au contraire encouragés. Les domaines impliquant des transferts de technologies ont toujours été vus d’un bon œil. Mais la réglementation s’assouplit au fil des années. «L’impact de l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce a été important : de nombreux secteurs s’ouvrent aux investissements étrangers», explique Maître Sybille Dubois Fontaine, avocate au barreau de Paris, spécialiste du droit chinois.
La forme la plus connue d’investissement est la création d’une joint-venture, société à capitaux mixtes que l’entreprise étrangère détient avec un partenaire chinois. L’avantage est que cette forme d’investissement est autorisée dans un nombre très large de secteurs. Comme la distribution : une activité où la création de société à capitaux 100 % étrangers était interdite jusqu’à récemment. Mais ce n’est pas de tout repos : «Il faut prendre soin de régler les relations avec le partenaire chinois car les incompréhensions sur le mode de gestion de l’entreprise sont fréquentes, prévient Maître Sybille Dubois Fontaine. Comme vous n’êtes pas maître à bord, il y a un risque de blocage.»
Pour les entreprises qui n’ont jamais mis les pieds en Chine, il existe une forme plus légère d’investissement : le bureau de représentation. «Idéal pour tester le marché, assure l’avocate. Mais il est impossible à un bureau de représentation de facturer. Donc impossible de vendre des produits ou des services.»
Mais avant d’investir, une réticence retient de nombreuses entreprises : la contrefaçon. Débarquer en Chine, n’est-ce pas le meilleur moyen de voir ses produits copiés par les entreprises locales peu scrupuleuses ? «La propriété intellectuelle reste un vrai problème en Chine», reconnaît Jean-Pascal Tricoire. «En cause : l’absence de contrôles adaptés, l’inefficacité des recours administratifs et un problème plus général d’éducation des entreprises et des consommateurs», ajoute Maître Sybille Dubois Fontaine.
L’investisseur étranger doit être prêt à défendre ses intérêts. Le meilleur moyen est encore de «continuer à innover et d’avoir une technologie imbattable», selon Jean-Pascal Tricoire. Les produits Schneider, même copiés, ont continué à gagner des parts de marché en Chine malgré des prix plus élevés. Et cela grâce à leur qualité irréprochable, assure le dirigeant.
La protection passe aussi par des mesures de prudence, simples à mettre en œuvre. Enregistrer ses brevets et ses marques, protéger efficacement ses sites en Chine, par exemple en limitant l’accès aux locaux, et en fragmentant l’information sensible au sein de l’entreprise. «Certains groupes le font dans d’autres pays, mais oublient de le faire en Chine», assure Maître Sybille Dubois Fontaine, qui estime utile de répéter ses conseils de bon sens.
Une fois victime de la contrefaçon, ne fermez pas les yeux. «Soyez patient et agressif», conseille l’avocate. Elle souligne la possibilité d’obtenir gain de cause par la voie judiciaire. «C’est presque une nouveauté. Il y a eu des progrès dans l’évaluation des dommages et intérêts» Jusqu’en 2002, seuls les profits du contrefacteur entraient en compte pour la détermination du montant à payer. Désormais les pertes de l’entreprise victime de la contrefaçon sont aussi examinées.
«Les choses avancent lentement, mais elles avancent», estime Maître Sybille Dubois Fontaine. Une note d’optimisme que veut partager Jean-Pascal Tricoire de Schneider Electric. «Le problème de la propriété intellectuelle se règlera d’autant plus facilement que des sociétés chinoises, comme Huawei Technologies, auront besoin de protéger leur propre propriété intellectuelle.»
Benjamin Douriez


« Nanotechnologies : en route vers la prochaine révolution industrielle » - 9 mars 2004

Dans le cadre du G9 + qui regroupe les diplômés d’EM LYON, le Groupe professionnel Arts et Métiers et les Mines, le Club d’Affaires NouvellesTechnologies de l’Association des Diplômés d’EM LYON avait organisé le 9 mars 2004 une conférence sur le thème : « Nanotechnologies : en route vers la prochaine révolution industrielle » qui s’est déroulée, à Paris, dans les locaux de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers.
Les nanotechnologies suscitent une passion grandissante car elles ont des implications multiples dans les domaines qui nous concernent tous : technologies de l’information, sciences cognitives, bio-technologies… Cette conquête de l’infiniment petit permet de fabriquer des structures et des dispositifs à l’échelle atomique (un nanomètre équivaut un milliardième de mètre). Au-delà du défi scientifique et technologique, elle constitue un besoin réel dans la course actuelle à la miniaturisation, au moment où s’annonce la limite des capacités physique du silicium en tant qu’élément de base pour la fabrication des microprocesseurs.
La réunion a été animée par Jean-Chrétien Favreau, PDG fondateur d’INANOV, Alain Rodermann, SOFINNOVA, Pascal Boulon, Directeur-adjoint de UOLE DEVELOPPEMENT, Annick Loiseau, du laboratoire ONERA-LEM et un chef d’entreprise (ingénieur Arts et Métiers).